Jawhar: un style folk-soul bien à lui!

Jawhar Basti s'est fait connaître en 2014 avec son premier album "Qibla Wa Qobla" que la Province de Hainaut avait soutenu avec un concert au Centre culturel d'Hammamet, dans le cadre des échanges entre le Hainaut et la Tunisie, puis avec un concert au festival Les Rencontres Inattendues à Tournai. Aujourd'hui, Jawhar propose un nouvel album "Winrah Marah" où châabi et folk-pop ciselée cohabitent dans un équilibre quasi hypnotique. Sortie le 20 avril prochain!

Influencé par « un printemps arabe qui se fane et autres évènements heureux contemporains », Winrah Marah est à la fois plus mordant et plus coloré que son prédécesseur. Les dix chansons de ce nouvel opus sont habitées par le son d’un groupe qui gagne en complicité et en cohérence.



Entre chansons arabes empreintes de chaâbi et mélopées aériennes à la Nick Drake, Jawhar invente un style folk-soul bien à lui.

Né d’une mère professeure de littérature arabe et éprise de musique et de poésie, et d’un père qui se consacre au théâtre puis à la politique culturelle, Jawhar grandit dans la banlieue nord de Tunis, à Radès. Le chemin vers l’école dans cette petite banlieue populaire est pour lui le premier parcours initiatique à explorer dans tous ses recoins, plus que l’école elle-même. Très tôt il est fasciné par une certaine culture populaire, par la force de ses images et de ses expressions verbales, musicales et gestuelles, force qu’il ne retrouvait pas dans les pièces de théâtre tunisien que ses parents l’emmenaient voir...

Quand il part à l’âge de vingt ans étudier l’anglais à Lille, c’est plutôt la poésie abstraite qui l’attire, celle de William Blake et d’Emily Dickinson… En plus d’un amour grandissant pour un certain Nick Drake qui le liera de manière irrévocable à son folk impressionniste.

Parallèlement à ses études il participe au théâtre universitaire anglophone et y joue des rôles tels que Othello, Brick dans « Chatte sur un toit brûlant» et Proctor dans « les Sorcières de Salem ». Il passe ensuite le concours du conservatoire d’art dramatique de Lille, il y est admis mais, son « accent de facteur » étant un sujet de discorde avec le professeur/directeur de la section, il quitte le cursus au bout de la première année. Il fait alors la rencontre de Daniel Fatous (auteur, conteur et metteur en scène) qui le passionne d’un autre théâtre, un théâtre basé sur la capacité de l’artiste à amener de l’humain sur scène plutôt que de l’artifice.

Pendant ce temps la musique fait son chemin ; Jawhar écrit des chansons qu’il commence à jouer dans des petits lieux Lillois. Il est ensuite amené à faire quelques premières parties d’artistes tels que Susheela Raman, Boubacar Traoré ou Keziah Jones. Il enregistre son premier album  qui sortira en autoproduction avant de ressortir officiellement via le label bruxellois Top5 Records. « When Rainbows Call my Rainbows Fly» est salué par la presse comme «un soufflant premier album d'un prodige du song-writing». (Les Inrockuptibles).

Depuis, la Belgique et lui s’adoptent mutuellement. Installé d’abord à Bruxelles puis à la campagne, Jawhar y retrouve le théâtre à travers une création collective basée sur le texte d’Eugène Savitzkaya « Célébration d’un Mariage Improbable et Illimité », mise en scène par Leslie Maerschalk.

Cependant, à la naissance de son premier enfant, Jawhar ressent le besoin de renouer avec son pays natal. Il rencontre alors le metteur en scène Lotfi Achour et la comédienne et dramaturge Anissa Daoud et ils entament ensemble en Tunisie un travail particulier proche du théâtre documentaire au sein d’une structure (APA) qu’ils créent pour l’occasion. Une première création, «Hobb Story », qui vient questionner l’amour et le sexe dans le monde arabe, et dont il signe la musique et les chansons, connaît un vif succès. Une deuxième création (qui cette fois questionne la notion de pouvoir dans le monde arabe) voit le jour l’été 2012 aux Olympiades Culturelles de Londres ; «Macbeth, Leila & Ben - A Bloody History» dont il est co-auteur, compositeur et dans laquelle il joue le rôle-titre.

Il s’associe également à la chorégraphe et « artiste citoyenne » Nawel Skandrani avec qui il collabore d’abord sur un duo, « Arscé/seu/lement », qui s’est improvisé au lendemain de la révolutiontunisienne, ensuite  « 100% Water», un projet multidisciplinaire et écologique.

« Qibla Wa Qobla » (Le baiser et l’orientation de la prière), le deuxième album de Jawhar sort en 2014 et remporte l’Octave de meilleur album de l’année en Belgique (catégorie musique du monde). La presse y voit une « mosaïque chatoyante où Pop et Soufi ont appris à parler le même langage: celui de la musique universelle et intemporelle » (Musiczine) ; « un deuxième album avec lequel  Jawhar confirme un talent tranquille et profond de conteur. » (La Terrasse).

Si vous souhaitez l'aider dans ses projets concernant la sortie, la promotion, le clip, la tournée, etc. du nouvel album "Winrah Marah", Jawhar a lancé une campagne de crowdfunging: https://fr.ulule.com/jawhar-album/

Infos: www.jawharmusic.com - www.facebook.com/jawharmusic

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Date de publication

Jeudi, 1 Mars, 2018 - 17:05