Plongée dans les entrailles de la RTBF

Curieux, impressionnés et intimidés, quelque 17 élèves de l’enseignement secondaire du Centre provincial d’Enseignement Spécial de Mons (CPESM) – Ghlin ont investi ce lundi le site de la RTBF – Reyers pour passer de l’autre côté du miroir et découvrir comment s’imbriquent les nombreux et complexes rouages de la fabrication de l’information et du divertissement sur les canaux du service public. Une petite récompense à mi-parcours d’un projet pédagogique d’Education aux Médias dans lequel ils sont impliqués depuis janvier.

tour Reyers en contre plongéeVastes comme ceux d'un hôpital régional, les bâtiments bruxellois qui abritent les activités radio et TV de la RTBF donne le tournis ! De couloirs en portes insonorisées, les élèves s’y seraient perdus s’ils n’avaient pas été judicieusement guidés par deux accompagnateurs incollables tant sur le lieu que sur ce qui s’y passe.

De la radio… filmée !

Première halte : « C’est vous qui le dites ! ». Les élèves prennent place dans les gradins qui surplombent le plateau et suivent en direct les échanges entre l’animateur, Cyril Detaeye, et les intervenants par téléphone.

Sur le fond : de l’actualité chaude, polémique : une « petite phrase » de Bart De Wever. L’occasion d’aborder la différence entre article neutre et tribune libre, information et prise de position. De constater aussi, au-delà du contenu, le rôle difficile de l’animateur, qui doit gérer sans filet les propos des appelants, déterminer les mots-clés sur lesquels il pourra rebondir… et sa profonde concentration, palpable.

RTBF Reyers élèves CPESM Ghlin dans local régie c'est vous qui le ditesSur la forme, une table éclairée de l’intérieur, un plateau composé d’écrans de fond lumineux et d’écrans géants de projection. Pourquoi ? La radio, via internet, c’est aussi désormais de la télévision ! Les élèves repèrent vite les huit caméras disposées de part et d’autre du studio. Et comprennent d’eux-mêmes l’intérêt de projeter sur les écrans tantôt des illustrations aux propos tenus, tantôt la photo du spécialiste interpellé pour l’occasion. « Faut que ça bouge ! » et que « ça complète les éléments d’information donnés ».

Mais c’est la technique qui retiendra le plus l’attention des jeunes visiteurs. Dans le local régie, les questions fusent sur le poste de réception des appels téléphoniques, les consoles de gestion du son et des images, les boutons, les poussoirs, et la véritable maîtresse des lieux : l’horloge. « Ici, la gestion du temps est primordiale, expliquera notre guide. Tout est chronométré, entre le journal, les annonces, l’inforoute : à chaque moment sa séquence et interdiction de dépasser l’heure de fin de l’émission ».

Un crochet par le plateau de La Première pour étudier la différence de ton et de contenu, un coup d’œil par la porte vitrée au petit studio de Pure FM puis à l’émission en cours de « On n’est pas des pigeons » et hop : les tops de midi retentissent, c’est l’heure du journal.

La salle de rédaction : une ruche aux cent abeilles

Le présentateur, la présentatrice : on connaît. C’est la voix ou le visage familier, le porte-parole de l’actualité. Mais comment se construit un journal ? Est-ce le présentateur qui prépare tout avant de prendre l’antenne ? Non, évidemment. Même si « Medhi Khelfat, qui commence sa matinale à 6h sur la Première, arrive à Reyers entre 2 et 3h du matin tous les jours », indique la guide. Les élèves sont toutefois bien surpris à la vue du plateau paysager où se trouve le pôle d’une centaine de journalistes, chargés d’alimenter les bulletins d’information. Ils ont des espaces définis en fonction de leur spécialité : politique, économie, international… Face à leur ordinateur, ils traquent l’info. Où la trouvent-ils ? « Sur internet ! » s’écriera tout naturellement un élève. Il est alors temps d’aborder la question de la véracité des informations sur la toile, de l’intérêt de recouper les infos, mais aussi et surtout du recours aux dépêches des agences d’information officielles et à son réseau de correspondants locaux.

Les plateaux TV : gigantisme et km de câbles

plateau JT RTBF avec 2 caméras prêtes à bouger, écran de fond mire TVSi l’on n’est pas sur le plateau de « The Voice » à Média Rives Liège - qui mesure pas moins de 1.200 m² ! - les quatre studios bruxellois sont quand même assez impressionnants. Les élèves y découvrent des espaces polyvalents aux innombrables marques de tape multicolores qui, toutes, indiquent l’emplacement d’un pan de décor pour une émission déterminée. Là aussi, les murs d’écrans lumineux donnent l’ambiance tandis que des écrans plasmas permettent des incrustations liées aux contenus. Tons froids pour le sérieux et l’info, tons chauds pour le divertissement : rien n’est laissé au hasard.

RTBF Reyers élèves CPESM Ghlin sur plateau TV La TribuneLe nez sur les plans de « Sans chichis » scotchés au mur, les élèves tentent de le comparer au décor actuellement monté de « La Tribune » et peinent à le matérialiser dans l’espace. La guide attire l’attention sur tous les éléments modulables : gradins du public, mobilier des intervenants, bâches qui occultent les tables ou sols lumineux, en tout ou en partie… C’est l’ingéniosité au pouvoir ! On s’assied sur les bancs des invités, on se prend au jeu de la présentation… et on bégaie. Eh oui : animer même du divertissement, ça se prépare sérieusement ! Il ne faut ni trébucher ni laisser un temps mort, que l’on soit en direct, que l’on enregistre ou que l’on tourne dans les conditions du direct. On regarde où l’on met les pieds pour éviter les chutes, et l’on en oublie presque de lever le nez. Dommage : la forêt de spots suspendus au plafond vaut le coup d’œil !

Après un passage devant le green key, direction le plateau du JT. Le 13h, c’est dans un quart d’heure à peine : les techniciens s’affairent à mettre les caméras en place et à vérifier que tout fonctionne correctement. Salle de régie multi écran des plateaux TV RTBFEnsuite… elles bougeront toutes seules ! Enfin presque : elles sont télécommandées depuis la régie. Les élèves s’extasient devant le rail de travelling : « c’est comme au cinéma ! » La régie elle-même est digne d’un film : une salle complète dédiée à l’image, dotée d’un mur d’écrans à faire pâlir le Capitaine de l’USS Enterprise. Un « chef d’orchestre » accorde l’ensemble des techniciens pour un balai d’images sans faux pas. Tout à côté, une salle du même type est réservée au son.

Pas de visite gratuite !

Un déplacement gagnant que cette excursion au cœur de la RTBF : les élèves ont pu appréhender concrètement les matières abordées depuis janvier dans le cadre du projet « Réseaux sociaux et expression d’émotions ». Et ils pourront encore y raccrocher les apprentissages à venir d’ici sa clôture le 7 juin, au PASS : l’organisation d’un plateau – débat télévisé de discussion autour de la pratique des réseaux sociaux de chacun, du ressenti face à des manipulations et autres fake news, des démarches de sourcing d’informations, des bénéfices que l’on peut tirer des réseaux sociaux quand on sait comment s’en servir. C’est en effet l’objectif que s’est fixé le Service de Communication de la Province de Hainaut, en collaboration avec la Direction générale des Enseignements et le Centre d’Actions et de projets pédagogiques (CAPP Hainaut) : englober les actions d’éducation aux médias dans de véritables projets d’écoles, où les élèves sont acteurs de leurs apprentissages et produisent des contenus. Avec la complicité du Club de la Presse du Hainaut – Mons et le Mundaneum, qui travaillent dans le même esprit, quelques actions ont déjà été menées et de nouveaux projets vont voir le jour dans les prochains mois. Grâce à ces synergies efficaces, l’éducation aux médias pourra prendre une belle envergure en Hainaut !

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Date de publication

Jeudi, 22 Mars, 2018 - 17:09