Sexisme, violence contre les femmes : une réalité et des chiffres qui font mal

Le sujet est, depuis quelques temps, au premier plan : l’affaire Harvey Weinstein et les hashtags #metoo et  #balancetonporc qui ont ensuite inondé les réseaux sociaux ne sont, pourtant, que le reflet d’une triste réalité qui ne date pas d’hier. Chiffres à l’appui, on peut dire que toutes les femmes ont déjà dû subir des comportements sexistes et qu’une femme sur deux a été agressée physiquement dans la rue ou les transports en communs*. Pour enrayer la mécanique sexiste, la sensibilisation des femmes et des hommes constituent une étape indispensable. En Hainaut, la Cellule promotion de l’égalité des femmes et des hommes y veille.

La cellule travaille sur deux axes : la lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales et la déconstruction des stéréotypes de genre.  

En Wallonie, les chiffres concernant les violences faites aux femmes font encore et toujours bien mal. Selon les dernières enquêtes de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS), on estime à 18, en moyenne, le nombre de viols commis chaque jour en Wallonie. En Belgique, Images très sombre où l'on voit une femme recroquevillée dans un coin, en avant-plan, un poing fermé, prêt à frapper plus d’une femme sur trois (36%) a subi des violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans. Une femme sur quatre (24%) a subi des violences physiques de la part de son partenaire ou ex-partenaire. "Ce n’est là qu’une infime partie des résultats de diverses enquêtes, observe Samantha Guetof, l’une des coordinatrices de la cellule. Notre rôle est celui de relais entre les différents acteurs de terrain : les services de police, d’aide aux victimes, le milieu associatif, etc. Nous organisons des rencontres régulières, de façon à encourager la cohésion et la circulation d’informations. Nous mettons aussi en place des activités et des formations spécifiques qui répondent aux besoins exprimés par les intervenants".         

Elle est rejointe sur ce point par sa collègue, également coordinatrice, Maïlys Laurent : "il nous paraît essentiel de sensibiliser les futurs professionnels, comme les futurs enseignants par exemple. Ils ont un rôle à jouer. Nous avons établi un partenariat avec la Haute École provinciale de Hainaut-Condorcet, dans un premier temps, et proposé des demi-journées de formations sur des bases très concrètes".  D’autres projets sont à l’étude, notamment avec les communes, "au niveau du plan de cohésion sociale, des échevinats, etc." et des centres PMS, "concernant l’orientation scolaire".

Girls day, Boys day Un petit garçon joue avec une poupée

D'orientation scolaire et professionnelle, il est question avec l'opération "Girls day, Boys day". "C'est une action de sensibilisation de la Fédération Wallonie-Bruxelles que nous coordonnons en Hainaut, reprend Maïlys Laurent. Il s’agit de faire découvrir le monde du travail aux filles et aux garçons en leur présentant des métiers atypiques pour leur sexe. Nous nous adressons à des jeunes de 12 à 15 ans, au moment où ils sont confrontés à des choix professionnels pour qu’ils posent ces choix en fonction de leurs intérêts personnels et de leurs compétences et non en pensant en termes de genres, métiers de femmes versus métiers d’hommes". Cette opération se déroulera du 26 au 30 mars prochains.

Les deux coordinatrices ne manquent pas d’idées et de projets, convaincues de la nécessité d’une action des pouvoirs publics et de la mise en place d’outils spécifiques, pour fournir des clés d’action et de réaction à chacun et chacune pour faire face à ces situations.

Infos : Cellule promotion de l’égalité des femmes et des hommes – 071 44 72 19 – mailys.laurent@hainaut.besamantha.guetof@hainaut.be

Girls day, Boys day : www.gdbd.be

*sources: www.jump.eu.com

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Date de publication

Mardi, 13 Mars, 2018 - 15:28