Sur les routes du passé

Comme chaque année, Hainaut Mémoire a mis à profit les jours "blancs" pour emmener une soixantaine d’adolescents issus de milieux assez différents sur les traces de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont choisi Berlin et les nombreux stigmates de son histoire particulière, parmi lesquels le camp de concentration de Sachsenhausen ou ce qu’il reste du Mur qui a symbolisé la guerre froide pendant plus de vingt ans.

Le groupe était composé de manière assez contrastée avec 25 jeunes issus  des écoles de cadre de la Province de Hainaut, qui suivent les formations pour devenir animateurs en centre de vacances ; 15 étudiants du Lycée agricole Charles Naveau de Sains du Nord, en France ; 8 jeunes pris en charge par l’asbl Sens-SAS de Montignies-le-Tilleul, un service d’accrochage scolaire. "C’est tout à fait volontaire de notre part de proposer ce voyage à des publics différents et La porte d'entrée en fer forgé du camp de concentration de Sachsenhausen portant la fameuse inscription "Arbeit macht frei"de mixer les groupes de manière à ce qu’ils puissent faire connaissance et échanger leurs impressions sur ce qu’ils voient et/ ou découvrent, souligne Michel Descamps, coordinateur de Hainaut Mémoire. Encore une fois, cette année, ils nous ont prouvé que cela fonctionne !".

Le groupe devant la Porte de Brandebourg, à BerlinLa visite du camp de Sachsenhausen (construit dès 1936 par les prisonniers eux-mêmes, il a servi de modèle aux autres camps érigés par la suite, dont celui d’Auschwitz) a été guidée par Hainaut Mémoire et War Heritage Institute (anciennement l’Institut des Vétérans-Institut National des Invalides de Guerre). "Dans la mesure du possible, nous assurons les guidances. Les jeunes se sont déjà identifiés à nous et nos commentaires les marquent plus que ceux d’un guide local, certes efficace mais peut-être plus neutre et moins expressif".

Pareil pour le Mémorial pour les victimes de l’euthanasie nationale socialiste de Bernburg, à environ 200 km au sud ouest de Berlin, visité sur le chemin du retour. "Nous avons profité de la présence de Johan Puttemans, coordinateur pédagogique à la Fondation Auschwitz et spécialiste de ce qui a été appelé l’Aktion T4 (ndlr : 6 centres, dont celui-ci, ont pratiqué l’"euthanasie" au monoxyde de carbone des personnes malades ou handicapées qui constituaient des charges économiques et ne correspondaient pas à l’image des Aryens impeccables et forts). Lui aussi a su accrocher le public sur un sujet méconnu mais non moins important".   Visite guidée dans Berlin

Visite guidée du camp de concentration de SachsenhausenQui dit jeunes d’âges et d’horizons différents, dit aussi pré requis historiques inégaux entre les participants. "Des séances d’information sont organisées au préalable pour situer le contexte historique et donner quelques éléments sur les sites que nous visitons. Sur demande, comme ce fut le cas avec l’asbl Sens-SAS, nous pouvons y passer plus de temps et rentrer dans les détails. Nous profitons aussi des longues heures de car pour diffuser des films qui ont de près ou de loin un rapport avec l’objectif du voyage".

Christelle, 15 ans à peine, est suivie par Sens-SAS car elle est en situation de décrochage scolaire. Elle ne connaissait à peu près rien sur le sujet. "J’ai appris beaucoup lors de la préparation et du voyage en lui-même, exprime-t-elle. Les visites étaient complètes et bien expliquées. C’est important de savoir ce qui s’est passé entre nos pays. Ce qui m’a marqué le plus, c’est de marcher là où des milliers de personnes sont mortes".

Le groupe entier devant le bâtiment qui constitue l'entrée du camp de concentration de SachsenhausenLouis-Antoine a 16 ans et suit la formation d’animateurs organisée par la Province de Hainaut à Tournai : "c’était super intéressant ! On ne doit jamais renier son passé et se rendre sur les lieux permet de prendre encore plus conscience de ce qui s’est réellement passé". Moment de détente devant l'East Side Gallery, portion d'1 km de ce qui reste du Mur de Berlin et destinée au street art

Pour rappel, Hainaut Mémoire met en place des partenariats avec les écoles, associations, communes, etc. pour établir des projets "mémoire" sur mesure, sur base d’expositions guidées, de témoignages, de visites en Belgique (Fort de Breendonk, Ploegsteert, Bastogne,…) et en France (le camp du Struthof en Alsace, Verdun,…).

N’hésitez pas à prendre contact! www.facebook.com/hainautmemoire - michel.descamps@hainaut.be – 064 43 23 40

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Date de publication

Jeudi, 6 Juillet, 2017 - 16:17