Une page se tourne pour Laurent Busine

Il était à la tête du Mac’s, le Musée des Arts Contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles, depuis sa création en 2002 sur le site du Grand-Hornu, "un lieu qui a été pensé de manière novatrice et où il reste quelque chose d’utopique et propice au développement de l’artistique". Tout au long de sa carrière, il aura mis sa sensibilité au service des expositions qu’il a montées à destination du public, de tous les publics. Retour sur quelques instants choisis en compagnie d'un homme qui a beaucoup oeuvré en faveur du sauvetage et de la valorisation du site provincial du Grand-Hornu.

L’art, Laurent Busine est né dedans, avec un père artiste-peintre. "Quand j’étais petit, on allait au musée comme si on allait à l’église, on ne pouvait pas parler, il y avait un côté sacralisé. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus ouvert". Il tourne alors la tête vers la grande fenêtre de son bureau d’où la vue est imprenable sur la cour intérieure du Grand-Hornu, dominée par la statue d’Henri Degorge, son fondateur et l’arbre foudroyé, peint à la feuille d’or, de l’artiste italien Giuseppe Penone, souvenir de l’une des expos majeures conçues par le directeur du Mac’s. "Il se passe quelque chose dans ce lieu qui est, pour moi, l’un des plus beaux sites industriels de toute l’Europe du Nord. Rencontrer le Grand-Honru et participer à l’idée utopique d’en remonter les murs, c’était une chance extraordinaire".

Avant de prendre les rênes du Mac’s, Laurent Busine a officié pendant 22 ans au Palais des Beaux-Arts de ChaLa cour intérieure du Grand-Hornurleroi où il a proposé des expositions exceptionnelles (Picasso, Miro, Dali, Wiliam Turner, Rodin, …). "J’ai en tête un exemple d’exposition que j’ai montée ici, au Grand-Hornu, et que je n’aurais pas pu faire ailleurs. Il s’agit de "Sysiphe, le Jour se lève", une expo dont je rêvais depuis vingt ans. À Charleroi, je n’ai pas osé la faire car elle était assez prétentieuse. Ici, la symbolique des mineurs, proche de l’image de Sysiphe, a permis de la concrétiser".

Laurent Busine a mis un point d’honneur à rendre l’art contemporain accessible au plus grand nombre. "La seule vraie mission d’un musée, c’est de porter à la connaissance. On met tout en oeuvre pour qu’il se passe quelque chose et, une fois que c’est placé, on ne sait pas ce qui va se passer dans la tête des visiteurs. Souvent, c’est un petit détail, différent d’une personne à l’autre, qui fait qu’une œuvre reste en tête". La force du Grand-Hornu est de proposer des billets combinés pour le site en lui-même, le Mac’s et le CID, le Centre d’Innovation et de Design de la Province de Hainaut. "Les gens peuvent donc aller où ils veulent et passer plus ou moins de temps dans une expo. Nous leur donnons l’occasion de découvrir quelque chose qu’ils n’ont jamais vu. Pareil avec les enfants : nous les laissons jouer, pique-niquer sur la grande pelouse, puis nous les invitons à passer vingt minutes dans le musée".

Pour Laurent Busine, il faut trouver le moment ad hoc pour partir. C’est donc après 14 ans au Mac's et l'année exceptionnelle qu’a été Mons 2015, qu’il vide, non sans difficultés, un bureau rempli des objets, des souvenirs de toute une carrière. Il part donc, sans (trop) se retourner. À Denis Gielen, son successeur depuis le 1er février et à son équipe, il conseille deux choses : "doutez toujours et soyez généreux ! Le musée, les collections, même vos connaissances ne vous appartiennent pas, ils appartiennent au public."

Actuellement fermé, le Mac’s réouvrira le 28 février avec une nouvelle exposition : "Jacques Charlier, peintures pour tous !"

Infos : www.mac-s.be

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Date de publication

Jeudi, 4 Février, 2016 - 16:51