André Kertész. Marcher dans l’image

 Recueillir sur le trottoir l’attention qui nous relie les uns aux autres... Le Musée de la Photographie expose un précurseur.

Le musée de la photo propose jusqu'au 16 janvier à Charleroi "André Kertész. Marcher dans l’image". Les oeuvres de l'un des premiers représentants de la modernité photographique, par la diversité des sujets, comme par l’éclatement de la forme. Un précurseur qui avait l'art de recueillir sur le trottoir l’attention qui nous relie les uns aux autres.

Le regard d’André Kertész a ouvert des chemins nouveaux dans la photographie du XXe siècle. Amateur inspiré à dix-huit ans, artisan des recherches optiques de la Nouvelle Vision à vingt-huit ans, défricheur des enjeux médiatiques du reportage à trente-six ans, il a largement contribué à l’évolution du médium. Si plusieurs générations de ses confrères sont retournées à ses images et se sont nourries de sa démarche, c’est surtout parce qu’il est celui qui, sans effet ni étalage, a démontré la possibilité de poursuivre une œuvre sereine tout au long d’une vie de photographe, à l’écart des courants et en marge des commandes, en laissant libre cours aux flâneries du regard.

Né à Budapest en 1894, Kertész s’est installé à Paris entre 1925 et 1936 avant de partir vivre à New York, où il meurt en 1985. « Ah, Kertész – nous lui devons tous beaucoup », déclarait Henri Cartier-Bresson dès 1962. « Plus peut-être que tout autre photographe, il a compris l’esthétique particulière de l’appareil portatif et l’a rendue manifeste », précisait John Szarkowski, conservateur du Museum of Modern Art de New York, en 1973.2 clichées; un mur, un homme contre celui-ci

De nombreux historiens ont reconnu depuis en Kertész, le « père de la photographie au 24 x 36 mm ». Mais aucune étude n’est venue distinguer les clichés qui, entre 1929 et 1936, marquent les débuts de sa pratique du Leica, appareil novateur avec lequel il initie des déambulations photographiques qui renouvellent son intelligence de la prise de vue.

A la fin de sa vie, Kertész a rendu l’ensemble de ses images accessible à travers le don à la France de ses négatifs. À partir d’une recherche minutieuse menée sur ses pellicules originales, conservées aujourd’hui par la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, cette exposition tente d’honorer son legs et de conter ce moment singulier où la rencontre entre un homme et un appareil permet à la photographie de se découvrir une vocation alors inexplorée : recueillir sur le trottoir l’attention qui nous relie les uns aux autres.

Infos 

Avenue Paul Pastur 11 à Mont-sur-Marchienne
071/43.58.10
https://www.museephoto.be

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Date de publication

Jeudi, 28 Octobre, 2021 - 14:09