Construire pour se reconstruire !

Depuis trois ans, l’Institut provincial d’Enseignement Secondaire de promotion sociale - IETS ps de Charleroi travaille en collaboration avec le Fedasil de Florennes pour donner des cours de langue française aux résidents. Depuis cette rentrée scolaire,   les demandeurs d’asile peuvent suivre une formation inédite en  maçonnerie, carrelage et plafonnage !  

"Nous avons deux professeurs qui donnent des cours de français, apprentissage de la langue, sur base volontaire, trois jours par semaine à Florennes" explique Roberto Bruno, directeur de l’IETS ps.   Cécile Lebrun, professeur à l’IETs ps  nous confie «  Je leur apprends à exprimer une demande, à savoir utiliser les transports en commun, à se présenter. Comme ils viennent sur une base volontaire, ils ont une motivation supplémentaire.  Ils suivent régulièrement les cours. En quelques semaines, leur compréhension est plus fine » confie  « Les résidents ont fait part de leur déprime, ils sont dans un centre semi-fermé ; ils disent que c’est difficile à vivre, ils s’ennuient, ils se sentent parkés. Comme une très bonne collaboration s’est installée entre notre établissement et le Fedasil, nous avons eu la volonté de trouver, ensemble, une solution pour occuper les migrants en attente d’une réponse à leur demande d’asile ». 

L'apprentissage d'un métier

un élève monte un murL’IETS ps dispense des cours en journée et en soirée pour les adultes en demande de formations techniques désireux de retrouver un emploi, d'évoluer professionnellement ou d'assurer leur épanouissement personnel « Comme on peut mettre des ateliers  à disposition pendant la journée, on a pensé les diriger vers des activités pédagogiques dans les métiers et on  leur a proposé une  formation de 4 mois, 3 jours par semaine. Le Fedasil leur fournit l’équipement (salopette, souliers)  et se charge du transport des étudiants vers l’école.  Ils vont ainsi découvrir les techniques de maçonnerie, de plafonnage et de carrelage. Après cette formation, ils   recevront une attestation qui pourra être valorisée pour pouvoir poursuivre des études au sein de notre établissement. Depuis  le 18 septembre,  10 personnes se sont inscrites sur base volontaire » précise Roberto Bruno.

Venus de Côte d’Ivoire, de Guinée Conakry et du Burkina-Faso, les étudiants sont ravis de pouvoir apprendre les basesun élève monte un mur d’un métier. « . On a eu envie de venir suivre les cours. Nous voulons apprendre le métier. Les professeurs nous apprennent à monter un mur droit, un mur avec un angle à 90 degré » expliquent Mamadou Camarama Diallo, Abdoulage Soumah , Mamadou Diallo, Achille Tiendrebeogo,  Monmade  Dimné, Romain Luzolo Mvubu et Souleymane Karaboué, les étudiants  qui suivent les cours de Jean-Louis Thiry, leur professeur d’ouvrier carreleur. « Ils travaillent d’abord sur des fiches de théorie qui expliquent les différentes briques, les hauteurs de joints, la protection de la maçonnerie. On révise les unités de longueur, les mesures.  On leur donne des exercices tels que  la construction d’équerre à angle 90°,  la construction d’un truleau en appareillage d’une demi-brique, d’une jonction droite » explique Jean-Louis Thiry.

 Nul doute  qu’à l’obtention de leur  demande d’asile, ils  entameront des formations qualifiantes !

 Infos

Boulevard Roullier 1 à Charleroi
071/531 755
www.etudierenhainaut.be/ietsps-charleroi.html

 

Version imprimableVersion imprimable

Date de publication

Jeudi, 11 Octobre, 2018 - 16:51