Entends-tu, Christian Boltanski

Chacun puise en lui pour trouver sa vérité. C’est le propre de l’art. Homme de parole et artiste humaniste, l'artiste français de renommée mondiale Christian Boltanski était un ami.

Comme nous, en Hainaut, il cultivait la mémoire des hommes. Sa première grande exposition muséale en Belgique, il l'a d'ailleurs présentée en 2015 dans l'un des plus beaux sites européens d'archéologie industrielle du 19e siècle, l'ancien charbonnage du Grand-Hornu, inscrit depuis 2012 par l'Unesco sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.

Propriété de la Province de Hainaut, le lieu abrite deux institutions qui organisent près de 10 expositions par an : le CID, centre d’innovation et de design, et le MACS, Musée des Arts Contemporains. C'est là, en 2015, au MACS, qu'était présentée l'exposition "Christian Boltanski. La Salle des pendus", dans le cadre de Mons Capitale européenne de la Culture 2015. Laurent Busine en était le commissaire.

Grand Hornu

BoltanskiMais l’histoire liant le MACS et Christian Boltanski remonte à 1997. C’est avant même l’ouverture de l’institution qu’une commande fut passée à l’artiste français. Son œuvre Les Registres du Grand-Hornu est la première pièce produite et acquise pour la collection du musée. Elle est devenue depuis sa pièce emblématique. En 2001, Denis Gielen, à l’époque assistant de Laurent Busine, l’interviewe sur son œuvre et son ressenti par rapport au site du Grand-Hornu.  La manifestation qui occupait plus de 5.000 mètres carrés, avait investi l’ensemble des salles du musée ainsi que l’ancien magasin aux foins du Grand-Hornu. Les Registres du Grand-Hornu y ont tenu une belle place. Le reste de l’exposition explorait les thèmes de la mémoire et du souvenir en proposant une série d’installations réalisées à base de vêtements, matériaux évoquant aussi chez lui le thème de la mort.  christian-boltanski._ph._de_gobert

3.500 boîtes de fer blanc et rouillées couvraient l’immense mur de l’ancien magasin au foin. Sur chacune d’elles, un nom de mineur, parfois assorti d’une photo, comme un mémorial. Au pied de ces Registres, des manteaux posés sur des tréteaux de bois et doués d’une parole synthétique questionnaient le visiteur : « Dis-moi, comment es-tu mort ? ».

"Je suis un homme extrêmement optimiste. Mais mon art est une réflexion sur la vie qui est totalement tragique. Les humains sont capables de tout…  Heureusement, nous avons cette capacité à oublier l’horreur de la vie", confie-t-il au journaliste Julien Damien. Et d'ajouter : "Le fait de mettre une étiquette sur une œuvre empêche l’émotion. Si à la sortie d’une de mes expositions on se dit : « Boltanski est un bon artiste de la fin du XXe siècle », j’aurai tout raté. C’est pourquoi, il n’y a pas d’étiquette dans cette exposition. Rien à lire, mais tout à chercher soi-même. Sa maxime était celle du cinéaste Jacques Demy : « Rit qui veut, pleure qui peut ». Il est plus difficile de pleurer que de rire.

Né en 1944 d’une mère chrétienne et d’un père juif, Christian Boltanski était marqué par la Seconde Guerre mondiale.  

https://www.mac-s.be/fr/expositions/christian-boltanski

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Date de publication

Jeudi, 15 Juillet, 2021 - 10:49