La BD et la photo : les miroirs de notre société

Dans le cadre de leur projet européen eTwinning - La bande dessinée miroir et mémoire de notre société -  les élèves l’Institut Provincial de Nursing du Centre organisent l’exposition du photographe Christian Fauconnier : Vies en transit « De Lampedusa au parc Maximilien ».

C'est sur la plate-forme eTwinning que les acteurs de l’éducation des pays européens - enseignants, chefs d’établissement, éducateurs ... – peuvent communiquer, développer des projets citoyens ou partager leurs pratiques pédagogiques. Une communauté d’apprentissage qui encourage la collaboration entre les établissements scolaires européens grâce à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.

C'est dans ce cadre que Maurice Medici, enseignant au Nursing du Centre, a choisi d’entamer, avec ses collègues et ses élèves, un travail de Mémoire via la BD et au travers d'un jumelage numérique avec une école française et une italienne. On pourrait par exemple penser à la bande dessinée Maus, publiée de 1980 à 1991 et dont l'œuvre se fonde sur les entretiens entre l'auteur et son père, rescapé des camps de la mort.

Mais pour les enseignants, ces sujets semblent éloignés des jeunes, ce qui pourrait freiner leur implication. C'est ainsi qu'Ilaria, élève de troisième, s’est emparée de Macaroni ! , un récit qui parle de l'immigration italienne, du travail des mineurs, de la transmission. La jeune fille, d’origine italienne, a découvert un pan de sa culture et de ses racines. "Mon grand-père était mineur mais on ne parle jamais de ça à la maison".

Rose Lyne, d’origine africaine, a découvert Tintin au Congo. Elle a été choquée des stéréotypes racistes et des caricatures de l’époque. "On entend l’accent en lisant, on ne parle pas comme ça, et on n’a pas tous des grosses lèvres rouges".

Conscients que ce type de racisme s'est - parfois - estompé, que l’intégration a fait son effet, ces adolescents restent éveillés et concernés par les nouvelles formes de rejet, la peur du réfugié, les amalgames, les conditions invivables de certaines femmes et hommes.

Dans le cadre de ce projet, les élèves de 3ème organisent, dans les locaux de l'école, l'exposition des photos de Christian Fauconnier : Vies en transit, de Lampedusa au parc Maximilien. 

Lorsqu’il entend parler du campement du parc Maximilien en 2015, le photographe louviérois s’y rend. Il va à la rencontre des réfugiés et des bénévoles. Il noue des contacts sur place,  jusqu'au démantèlement du camp en octobre 2015. Il continue alors son travail photographique dans la "jungle" de Calais, courant 2016 et le complète en 2017 à l’île de Lampedusa.

Christian Fauconnier ne saisit aucun cliché sans l'accord des personnes photographiées. La plupart des portraits sont d'ailleurs perçus comme une forme d’invitation à être photographié et dont le sujet décide de la mise en scène. En échange de quoi, le louviérois, offre, à chaque fois,à la personne photographiée son image qui scelle leur rencontre.

L’expo sera visible jusqu'au 30 novembre à la salle polyvalente de l’IPNC (rue Milcamps, 13b à La Louvière) et vous pourrez discuter avec les auteurs du projet lors du vernissage ce vendredi 16 novembre à 19h.

Infos: www.etudierenhainaut.be/institut-provincial-de-nursing-du-centre.html

 

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Date de publication

Jeudi, 15 Novembre, 2018 - 16:20