La Province de Hainaut devient le premier apport financier des zones de secours

Trente millions d’euros, c’est la somme qui se trouve désormais inscrite dans le budget de la Province de Hainaut pour prendre en charge 30% de la dotation communale aux zones de secours. Un véritable tournant imposé par le Gouvernement wallon.

Le budget 2021, voté ce 1er décembre, présente un léger boni de 61.486 € après prélèvements. "C’est une prouesse qui ne pourra pas se répéter à l’infini", a considéré Serge Hustache, président du Collège provincial en charge des finances.

Pour obtenir cet équilibre tout en dégageant des moyens supplémentaires pour le financement des zones de secours (11 millions au budget 2021 en plus des 14,9 millions déjà inscrits en modification budgétaire 2020, le 27 octobre dernier), la Province a dû réduire ses dépenses internes et chercher des pistes de recettes. Une diminution linéaire de 10% des dépenses de fonctionnement des institutions et la poursuite du moratoire sur le personnel (un départ sur trois non remplacé) permettent de garder le cap ; tout comme le recours à l’article des recettes préfigurant les crédits tombés en annulation (7,4 millions) ET une évolution favorable des recettes au précompte immobilier rendue possible par l’action des indicateurs experts provinciaux dans les communes (9,2 millions).

Le Collège provincial a en outre dû se résoudre à mettre fin au soutien supplémentaire accordé aux projets supracommunaux à raison d’un euro par habitant (soit 1,35 millions d’€). Le Hainaut poursuivra toutefois un apport annuel de plus de 13 millions en faveur de 4700 actions menées localement grâce à l’expertise des services provinciaux.

Et demain ?

En prenant déjà à son compte un tiers du financement des trois zones de secours hainuyères, la Province devient leur première contributrice. Mais pour répondre aux directives de la Région wallonne, elle devrait arriver en 2024 à un financement de près de 60 millions. "12 nouveaux millions chaque année, … Abstraction faite de l’évolution des besoins des casernes sur laquelle la Province n’a aucune prise puisqu’elle n’est pas, à ce stade, associée à la gestion des zones" analyse Serge Hustache.

Alors prudence et créativité sont appelées à la rescousse.

Présentation du budget 2021
Prudence dans les dépenses mais également dans les investissements : seuls les projets déjà budgétisés seront poursuivis et une priorité est accordée aux travaux de mise aux normes de sécurité et d’économies d’énergie dans les écoles et les institutions sociales (9,7 millions de crédits à l’extraordinaire).

Créativité pour penser la Province de demain. Le Collège provincial annonce une année de remise à plat de l’Institution selon un calendrier précis. "Il s’agit de se livrer à une photographie complète de nos moyens financiers (coût vérité des politiques provinciales), d’identifier de nouvelles pistes d’économies et d’examiner, avec le concours des services, les activités ou projets prioritaires et ceux qui le sont moins". La Province reverra son plan stratégique et opérationnel à la lumière de ces priorités et établira un plan triennal en excluant tout licenciement.

Faut-il reconsidérer les moyens consacrés à la supracommunalité ? Renoncer à certaines activités, les réorienter ou les rendre payantes ? Le personnel, les organisations, les élus et les partenaires de la Province seront consultés au cours de cet "aggiornamento" annoncé par la majorité. Une démarche qui préfigurera déjà les budgets des années à venir.

Ce budget 2021 a été adopté par la majorité PS-MR. PTB, CDH et Ecolo ont voté contre. Ce dernier parti a estimé que le projet proposé ne présentait pas de mesures structurelles pour assurer le financement des zones de secours, reportant de facto les décisions à 2022. Le CDH a regretté également le report de choix ; contestant la pertinence de certains projets prioritaires portés par les services provinciaux.

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Date de publication

Mardi, 1 Décembre, 2020 - 14:10