L’american way of life : un mythe démysthifié

Le Musée de la Photographie de Charleroi expose, jusqu’au 20 janvier,  les photos  du livre de  Robert Frank :" Les Américains".

« Robert Frank, figure incontournable de la Street Photography, est l’un des photographes les plus influents du XXe siècle depuis la parution des Américains en 1958. Les images de ce livre, qui ont 60 ans, ont profondément marqué des générations de photographes » explique Xavier Canonne, directeur du musée de la Photographie.

 « Je désire réaliser un document contemporain authentique, dont l’impact visuel soit tel qu’il se passe d’un quelconque commentaire » écrivait le photographe un cow-boy en villeaméricain Robert Frank dans sa lettre de candidature afin d’obtenir une bourse de la Guggenheim Foundation. Le projet « d’étude visuelle d’une civilisation », soutenu par Walker Evans, Alexey Brodovitch, Edward Steichen, Alexandre Liberman et Meyer Shapiro, financé par le Guggenheim, aboutit au premier livre de Robert Frank, Les Américains. Pour ce travail, accompagné de sa femme et de ses enfants, Robert Frank entame alors en avril 1955 un voyage à travers l’Amérique qui durera jusqu’en juin 1956. Sans programme préétabli, Frank sillonne trente états en se laissant porter aux hasards de la route, des rencontres et des événements. S’ensuivent des images, 27 000 sur pellicule, 83 retenues pour la publication. Lorsqu’il sillonne les États-Unis, il.  immortalise les instants de vie des Américains qu’il croise sur sa route : une serveuse dans un diner, un homme tatoué en train de faire la sieste, des ouvriers au travail, un cireur de chaussures, des fêtards, des amoureux, des motards.  Il ne s’agit pas d’un reportage mais d’un ensemble de notes prises sur le vif : Robert Frank fait naître une nouvelle iconographie où des visages anonymes s’amalgament au bord de routes tristes, dans les excroissances urbaines ou les vides d’un territoire démesuré.

 Réalisé en France chez Robert Delpire dans un premier temps – Life Magazine ayant refusé de le publier – Les Américains est réédité en anglais un an plus tard cinéma en drive-inchez Grove Press. "Alors que l’édition française suscite peu de réactions, l’édition américaine rencontre – comme ce fut le cas trois années auparavant avec New York de William Klein – une hostilité profonde et se voit taxée d’antiaméricanisme. Bien loin du rêve américain tant vanté par certains, s’affiche avec cette série mythique un tout autre quotidien vu par le photographe lors de ses nombreux séjours dans les grandes villes. C’est le reflet d’une société telle qu’elle se présente à lui ; des fragments de vie, les tensions sociales ou le vide existentiel, les désordres du quotidien mais également les moments de plus grande légèreté. Il demeure un ouvrage culte de l’histoire de la photographie au point que l’on peut écrire qu’il y a une photographie avant et une photographie après la parution des Américains. » confie Xavier Canonne.

 Memymom de Lisa De Boeck et Marylène Coolens

Lisa a cinq ans lorsque Marilène, sa mère, commence à la photographier.  Maquillée, déguisée, elle mime sous l’œil attentif et directif de Marilène des scènes de une femme assise avec unn ours ennpelucheséries télévisées, de dessins animés ou de contes de fées. Cette complicité créative, The Umbilical Vein, s’étirera de 1990 à 2003. Ce qui n’était alors qu’un jeu, une forme d’archive familiale, prend ensuite un autre aspect. Memymom, contraction de « me and my mom », est un concept artistique qui débute en 2004 entre deux photographes autodidactes vivant à Bruxelles, une mère (Marilène Coolens, 1953) et sa fille (Lisa De Boeck, 1985). Sous ce label memymom, Lisa devient au même titre que Marilène photographe, modèle, habilleuse ou metteuse en scène.

 Face to face  de Manfred Jade

gros plan sur un visage d'hommeL’exposition Face to face du photographe Manfred Jade rassemble une sélection de portraits réalisés sur une vingtaine d’années dans divers pays du monde (Belgique, Cuba, France, Vietnam). Ces portraits photographiques en noir et blanc représentent tous des jeunes gens, hommes et femmes, d’une même tranche d’âge, celle des 15-25 ans, celle que l’on nomme le « bel âge » cet entre-deux de tous les possibles. D’un point de vue technique, ses portraits sont réalisés selon un même mode opératoire. Ils sont tous rigoureusement cadrés  comme pour une photographie d’identité : frontalité stricte, fond neutre, éclairage semblable,  regard fixe des sujets, expression hiératique du visage. Nulle froideur pourtant dans ces portraits reproduits à échelle réelle qui composent la série Face to face, mais l’expression d’une pureté et d’une grâce que leur confère leur âge. Son dispositif technique répétitif de prise de vue a paradoxalement le don d’amplifier les différences morphologiques propres à chacune des personnes.  Le visage humain nous apparaît là, plus que jamais, dans son incroyable et infinie multitude.

 

Infos 

Musée de la photographie de Charleroi
Avenue Paul Pastur 11, 6032 Mont-sur-Marchienne
http://www.museephoto.be/actuelles.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de publication

Jeudi, 11 Octobre, 2018 - 16:50