L'Ecole du Futur de Mons se souvient

Travail de mémoire pour les élèves de l’Ecole du Futur de Mons. En effet, la cellule Hainaut Mémoire de la Province de Hainaut y a installé son expo itinérante relative au génocide des Tutsi au Rwanda.

"Rwanda 94. Comprendre l’incompréhensible" est un "un véritable outil pédagogique pour vulgariser cette thématique complexe, mis en place à l’occasion des 25 ans du triste anniversaire du génocide, situe Valérie De Vos, guide et active au sein d’Hainaut Mémoire.  

L’occasion de revenir cette tragique histoire qui n'a pas impliqué que le continent africain. 

L’attention est de mise lorsque les explications débutent. Le thème est lourd et profond. Les images en disent long, les récits sont poignants. En effet, le génocide des Tutsi au Rwanda nous touche tous, de près ou de loin. Près de 800.000 personnes assassinées, ce n’est pas rien. Tenter de comprendre pourquoi se révèle être un véritable casse-tête. Mourir parce que l’on vient d’une ethnie différente reste incompréhensible à ce jour. 

"J’ai appris beaucoup de choses aujourd’hui, j’ai pu cerner les différents rôles joués par les autorités nationales et internationales dans ce conflit, tout a basculé très vite, j’ai mieux compris le rôle des médias et plus particulièrement Radio Mille Collines, nous dit Léandre élève de 6e. C’est incroyable de voir le fruit de leur incitation à la haine. Je suis Belge, Burundais d’origine et je ne peux rester indifférent à ce sujet. Souvent, lorsque l’on parle de génocide, on pense aux Juifs, aux Arméniens alors que d’autres sont souvent oubliés voire méprisés. Cette initiative est plus qu’importante pour nous, élèves".

Le question-réponse s’installe, les questions fusent, les réponses jaillissent. L’échange est constructif. Les parties prenantes y trouvent chacune leur compte. "L’intérêt d’une telle exposition est multiple, insiste Gilles Lampaert, enseignante au sein de l’établissement. Au-delà de répondre aux exigences du programme d’histoire, il éveille l’esprit critique chez les jeunes, il incite à l’analyse et à la réflexion en ce qui concerne ce génocide qui reste malgré tout récent et parfois méconnu des élèves".

Alice, élève de 6e, ajoute : "je suis intéressée par l’Afrique en général, donc forcément ce projet m’a directement emballé. Qu’on le veuille ou pas, nous avons tous un rôle dans les situations génocidaires. Je pense à l’Europe, la Belgique bien entendu sans oublier l’ONU. Souvent, nous limitons le conflit aux locaux alors que c’est souvent loin d’être le cas. Les conflits naissent ou sont parfois exportés à des milliers de kilomètres des lieux de crime. Il faut informer les jeunes car non, on ne peut pas mourir parce que l’on est différent!"

Une exposition claire, sobre et efficace que l’ensemble des élèves a pu visiter toute cette semaine.

"La réaction des jeunes est généralement positive malgré le côté sombre des débats. Ils ne sortent pas indifférents de tels échanges. Le pari est gagné lorsque certains veulent militer contre toute forme de discrimination", conclut Gilles Lampaert.

Infos: https://www.facebook.com/hainautmemoire/



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Date de publication

Jeudi, 16 Janvier, 2020 - 09:16