Les bibliothèques publiques : cent ans et une mutation

Elles sont centenaires et ne font pas leur âge. Elles diversifient leurs activités, sont à la pointe du numérique. Elles sont surtout passés d’une philosophie du prêt à une philosophie de projets.

Pour parler de cette mutation : Pascale Vanderpère, Responsable de la Bibliothèque Centrale du Hainaut, qui réunit le Service du Bibliobus, la Bibliothèque provinciale de La Louvière et l’Opérateur d’Appui.
web_pascale_vanderpeere_-_gazomeetre-4.jpgLa première loi belge sur les bibliothèques publiques date de 1921. Elle est adoptée sur proposition de Jules Destrée, ministre des Sciences et des Arts (qui inclut l’instruction publique). « La volonté de Jules Destrée, explique Pascale Vanderpère, est de faire des bibliothèques un véritable service public et de contribuer à l’éducation de la population, en particulier des classes laborieuses. Il considère qu’elles constituent le complément indispensable à l’école. Dorénavant, l’état intervient dans le financement des acquisitions et du fonctionnement des bibliothèques. La neutralité que la loi exige se traduit par l’obligation pour les bibliothèques d’être largement ouvertes et accessibles à toutes et tous. »

Un saut dansle temps…

Du côté francophone, une autre refonte est réalisée, dans une Belgique fédérée, par le décret du 28 avril 2009 relatif au développement des pratiques de lecture organisé par le réseau public de la lecture et les bibliothèques publiques. L’ambition du nouveau décret, c’est de travailler au développement des pratiques de lecture de toute la population et plus à celui de la bibliothèque, ce qui signifie qu’il faut adapter le projet au territoire sur lequel on le met en œuvre.

« On passe aussi, poursuit Pascale Vanderpère, d’un modèle où on se concentrait sur l’offre de lecture à un système où on suscite la demande en allant à la rencontre du public sur son terrain de vie. On s’enquiert de ses besoins. » L’action du service public de la lecture s’inscrit dorénavant davantage dans une perspective d’éducation permanente et d’émancipation culturelle et sociale.

Il contribue à l’émergence d’une société multiculturelle faite de citoyens lucides, autonomes et responsables exerçant leur raison critique dans une cité à laquelle ils participent activement. Nouer des partenariats devient fondamental. Il s’agit de développer des synergies entre les bibliothèques et les autres acteurs culturels, comme les centres culturels, les écoles, les maisons de jeunes, les associations d’alphabétisation dans la perspective d’œuvrer ensemble au développement des pratiques de lecture et des compétences langagières de la population. Un défi pour les bibliothécaires. « Même si les tâches techniques continuent à faire partie de leur travail, poursui tPascale Vanderpère, les bibliothécaires doivent en s’ouvrir à de nouvelles compétences en termes d’animation socio-culturelle, de construction de projet ou d’évaluation. C’est un nouveau métier que le Décret leur a assigné. »

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Date de publication

Jeudi, 21 Octobre, 2021 - 10:17