L’instant qui fuit

Le Musée de la Photographie de Charleroi retrace, jusqu’au 17 janvier 2021, le parcours d’Yves Auquier. Photographe de l’intime, il s’intéresse au vivant, au temps qui passe, au familier et à l’instant fugitif, résumant lui-même sa transversalité par la notion de "réalisme intimiste".

 "Né en 1934 à Bruxelles, il passe son enfance au Pays Noir et part ensuite à Bruxelles où il débute sa carrière professionnelle. Il fonde en 1971 le cours d’histoire de la photographie à l’école supérieur des arts "Le 75" . Il fut le premier photographe à siéger au sein de la commission consultative des arts plastiques, favorisant ainsi l’entrée progressive de la photographie dans les collections de ce qui était alors la communauté française", explique le directeur du Musée Xavier Canonne.une femme se brosse les cheveux

 Il travaille tout au long de sa carrière en noir et blanc et de façon sérielle, classant minutieusement ses négatifs dans des classeurs thématiques et compilant à partir de ceux-ci de nouveaux recueils. "Dans Pays Noir, son premier livre, il dresse le portrait du pays de Charleroi. Il y voit grandeur et beauté. Il désire transmettre sa vision, partager par l’image, et y parvient grâce à la subtile simplicité et sensibilité de son geste. La série sur les mineurs met l’Homme au centre des photographies. La solitude, la camaraderie, la mine, l’obscurité et l’âpreté du labeur sont autant de sujets présents dans ces photographies. Quelques années plus tard, en 1984, Yves Auquier part à la rencontre des Siciliens installés en Belgique. Dans sa série intitulée Sicilicum, il prend le temps de découvrir les habitudes de cette population immigrée."

Dans son portfolio Bruxelles, il  vous immerge dans un univers urbain : la saturation des lumières sur les routes, la vitesse, la foule, le mouvement omniprésent. Les images se succèdent et invitent à voyager à travers la ville assis sur le siège avant d’une voiture perdue dans le trafic ou accroché à la barre verticale d’un tram.


Son recueil sur la vie de famille s’intéresse à la cellule familiale. Les instants de vie s’écoulent sous l’objectif du photographe qui prend comme modèle sa propre famille. Les temps morts, ces interstices de vie quotidienne, ont la part belle dans la série. Siestes, repos méditatifs, lectures, jeux d’enfants, sont autant d’instants volés à l’appétit du temps. Le sujet des nageurs s’esquisse dans les films de la vie de famille. L’élément liquide devient un sujet à part entière des photographies et envahit le champ de l’image : les ondulations de l’eau et les reflets modulent l’arrière-plan.

"Après s’être attaché au genre humain, Yves Auquier s’intéresse au monde du vivant dans son ensemble, les plantes et les animaux devenant ses modèles. Comme dans le reste de sa production, l’atmosphère a une place maitresse dans ses photographies. Avec cette modestie qui le caractérise, Yves Auquier évoque son travail en ces termes : "j’ai simplement fait des choses que j’aimais faire" et c’est bien dans la simplicité que son œuvre déploie toute sa justesse."

Infos : http://www.museephoto.be

 

 

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Date de publication

Jeudi, 15 Octobre, 2020 - 09:05