Transferts de compétences : expérimentation en labos

Transférer à la Région wallonne des compétences provinciales liées à l’environnement, à la santé, à la promotion touristique, au patrimoine classé et aux relations extérieures : l’avant-projet de décret fait  l’objet de discussions et d’amendements.

"Dès 2020, le Gouvernement wallon souhaite rapatrier les dotations provinciales réservées aux zones de secours", explique Serge Hustache, président du Collège provincial. 10% du fonds des Provinces liés à la supracommunalité seraient transférés à la Région. Nous pouvons négocier sur tout, nous refusons de brader intérêts, statuts et qualité de vie du personnel. Nous ne transigerons ni sur l’emploi ni sur le service au citoyen".

Des questions sans réponse

Une réforme qui, d’après le Gouvernement wallon, simplifierait les institutions wallonnes. "C’est à voir. Il suffit de prendre l’exemple des services de santé mentale ou encore celui des laboratoires d’analyse de la Province, lâche Serge Hustache. Beaucoup de questions restent en suspens".  Si ces transferts avaient réellement lieu qu’adviendrait-il du personnel ? Quelle serait la qualité du service  au citoyen ? Qu’adviendrait-il des bâtiments? La Province de Hainaut possède un réseau  dense et spécialisé : CEPESI, Hainaut Vigilance Sanitaire-Hygiène publique en Hainaut et CREPA-CARAH. Près de la moitié des 122 employés seraient touchés par les mesures envisagées par le Gouvernement wallon. "Nous n’avons pas été contactés pour expliquer notre travail", explique Laurent Paternostre, responsable des labos.  

Des difficultés en chaîne

"Comment s’opéreraient ces transferts de personnel, de bâtiments, de matériel sans impact sur les autres activités ? Nous travaillons en permanence avec la Haute Ecole Provinciale de Hainaut-Condorcet et l’IPES, menons des projets européens… Comment poursuivre ces recherches avec des labos amputés de leurs moyens et ressources ? La renommée des formations agricoles dispensées ici, leur haute qualité s’expliquent par ce lien étroit et permanent avec les labos. Quantité de travaux d’étudiants s’appuient sur nous. Nous développons de nouvelles méthodes d’analyses au bénéfice de toute la population avec les profs et les enseignants".

A l’impact sur l’enseignement et l’excellence de la formation dispensée aux étudiants, s’ajouteraient,  des difficultés pour toute une série d’entreprises ou de citoyens qui, quotidiennement, font appel aux laboratoires d’analyse. Aux yeux des professionnels, cette simplification annoncée aurait plutôt tendance à compromettre le développement économique de toute une région. 

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Date de publication

Jeudi, 7 Février, 2019 - 18:27