8 mars : destins de femmes en Hainaut

Elles sont musiciennes, championnes olympiques, responsables de structures culturelles, cheffes d’entreprises… Chaque jour, leur vie est faite de défis. D’épisodes domestiques, aussi. A l'occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, Sa Majesté la Reine Mathilde a souhaité aborder avec quinze femmes hainuyères leur quotidien, leurs souffrances et leurs aspirations.

Il règne une certaine effervescence, au Gouvernement provincial de Mons, à quelques minutes de l’arrivée de la Reine. Le Gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq est déjà là, tout comme les « dames qui comptent en Hainaut », conscientes de vivre un moment un peu exceptionnel. Tendues, elles craignent de ne pas arriver à verbaliser ce qu’elles portent dans leur cœur. Pourtant, tout se passera très bien. Marie Pok, Directrice du Centre d’Innovation et de Design (CID – Grand Hornu), notre représentante provinciale parmi les quinze privilégiées, nous livre ses impressions.

SAM la Reine Mathilde entourée de MArie Pok et Delphine Genart entre autres« L’ambiance était très conviviale, pas du tout protocolaire. Tout le monde a parlé librement même si nos profils étaient très différents. Comme il n’y avait pas de consigne préalable, nous nous sommes toutes présentées, avons exprimé nos déceptions, nos attentes, nos espoirs… C’est parti un peu en tous sens, forcément. Et la Reine a magnifiquement géré cela ! Elle a relancé le propos à chaque fin d’intervention, posé des questions pertinentes quand il le fallait, donné un fil conducteur sans nous poser de carcan qui aurait bridé l’expression.

Elle-même a d’abord témoigné. De la difficulté de cumuler nos différentes identités : fille, épouse, mère, travailleuse, etc. J’ai alors raconté ma récente expérience du Congo. Ce que j’ai vu là-bas, c’est que ce sont principalement les femmes qui travaillent au champ. Surtout le matin. Et qu’elles enchaînent avec de l’artisanat l’après-midi. Tandis que nombre d’hommes sont au chômage et ne perçoivent aucune allocation… Ce sont dont principalement les femmes qui ramènent l’argent au sein du foyer. Elles triment. Et pourtant, elles le font avec beaucoup de générosité et de dignité. Une autre réalité, qui porte à réfléchir et à remettre en question nos propres modèles.

Cette question complexe des modèles, nous l’avons d’ailleurs évoquée. Chacune a cité une femme – référence. Plusieurs ont cité Mère Theresa. Moi, j’ai préféré à une femme célèbre, un modèle de proximité, mais absolu : ma maman, une mère courage qui a élevé seule ses trois enfants, et leur a transmis une valeur très importante : l’indépendance. Aujourd’hui, une femme se doit d’être indépendante ».

Si la Reine Mathilde profite du 8 mars pour souligner l'importance du rôle des femmes dans notre société et de réfléchir à leurs défis et attentes, les idées dominantes mises sur la table, telles que « que vais-je transmettre à mes filles en tant que mère ? », ou « où en est exactement l’autonomisation des femmes? » dépasse largement le cadre des seules préoccupations féminines pour se poser en véritables questions sociétales. Gageons que cette rencontre alimentera, en Hainaut, une dynamique d’expression et d’actions au féminin ! Plusieurs participantes ont en tout cas émis le souhait de se revoir et ont d’ores et déjà échangé leurs coordonnées.

Enregistrer

Enregistrer

Version imprimableVersion imprimable

Date de publication

Jeudi, 9 Mars, 2017 - 17:09