Ballons et rubans bleus pour lutter contre le harcèlement à l'école

De l’hélium, des centaines de ballons, d’épingles, de rubans, de carton, de cordes, réunis pour donner de la couleur et de la vie au projet de lutte contre le harcèlement en milieu scolaire à l'IESPP de Mons. Elèves et enseignants se sont répartis les tâches, il va falloir coudre, rédiger, gonfler, assembler pour que l’initiative prenne de la hauteur.

Moqueries, brimades, mépris, mise à l’écart, violences verbales et physiques sont autant de situations qui sont souvent passées sous silence par les victimes par peur de représailles. L'enseignement organisé par la Province de Hainaut, par l'intermédiaire de l'IESPP Mons, débute un projet pour combattre ce fléau. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le harcèlement à l’école de ce jeudi 9 novembre, élèves et enseignants ont organisé un lâcher de ballons et une distribution de rubans jaunes et bleus. Les couleurs n’ont pas été choisies au hasard. Le bleu symbolise le harcèlement à l’école tandis que le jaune soutient la lutte contre le suicide.

L’Organisation Mondiale de la Santé précise qu’en 2016, en Wallonie, 28% de garçons et 18% de filles âgés de 11 ans avaient subi 2 à 3 harcèlements par mois contre seulement 11% en Flandre. Victime ou bourreau ? Chaque partie vit assurément un malaise auquel il faut faire face. Libérer la parole, permettre aux victimes de trouver l'aide nécessaire, font partie des buts de cette journée.

La détection d’une situation de harcèlement n’est pas évidente, elle est souvent invisible et silencieuse, parfois assimilée à un simple conflit de cours de récréation. Alors qu’une grande souffrance se cache à deux pas de la classe.

Pour Nadège Vandamme, enseignante en sciences-sociales, il faut prendre le problème à bras le corps, « Toute forme de harcèlement, de discrimination doit être écartée de l’école, elle n’a sa place nulle part d’ailleurs, nous veillons à ce que chacun puisse se sentir bien, en sécurité. Ce sujet est tabou et au travers de cette action nous voulons sensibiliser le plus grand nombre pour que chacun puisse rester vigilant. Nous voulons être une porte ouverte pour l’écoute, l’accueil des victimes qui souvent se taisent par crainte de mépris, de rejet. Nous voulons aussi prévenir en permettant à chacun de s’exprimer ».  

« Les élèves ont directement adhéré à l’initiative. Chacun s’est mis au service de l’autre, la confection des rubans, la rédaction de mots d’espoir qui se sont envolés avec les ballons sont autant de source de réjouissances et d’expression qui peuvent libérer les élèves. Un travail de longue haleine qui pose la première pierre de notre projet continu de lutte contre toute forme d’exclusion », nous confie Laurence Urbain, enseignante en éducation à la santé.

Notons encore que l’établissement fait partie des trois écoles « pilote » qui bénéficient de l’application « Cyberhelp ». Un véritable outil pour signaler les cas de harcèlement qui pourraient exister en classe. Enfin, les délégués de classes seront formés par l’UMons afin d’être capables de détecter les prémices d’une situation problématique.

 

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Date de publication

Jeudi, 9 Novembre, 2017 - 17:02