Faïence et porcelaine : une épopée brisée à Mariemont

Réparties sur deux musées, l’exposition « Terres confluentes » propose, jusqu’au 18 février un focus sur  la production méconnue des faïences et des porcelaines de Saint-Servais (Namur) aux XVIIIe et XIXe siècles, à l’aune de la révolution industrielle.

 « Dominique Marcoux est un spécialiste de l’histoire faïencière belge, un véritable passionné. Il m’avait montré le résultat de ses recherches très pointues sur la porcelaine de Namur » explique  Ludovic Recchia, commissaire de l’exposition.  «Grâce à ses recherches notamment  dans les archives, Dominique Marcoux a pu requalifier des pièces à Namur ou infirmer leur origine. Ce travail de chercheur indépendant est essentiel pour la connaissance du patrimoine de nos  manufactures. Il devait être partagé».

Un travail important et méticuleux qui a abouti à un livre et une exposition.  L’exposition, qui rassemble une centaine de pièces de toutes les périodes, démarre au Musée royal de Mariemont. Les collections de faïences stannifères et de porcelaines de pâte tendre produites à Tournaipor sur pied permettent d’ancrer la production namuroise dans l’univers de la céramique du XVIII siècle. « L’idée était de montrer l’histoire d’une manufacture qui produisait de la céramique puis de la porcelaine à Namur. Ville qui avait déjà une tradition de poterie ». Elle dresse le profil type d’une entreprise et les raisons convergentes ayant permis son développement dans une ville comme Ndes statuettes religieusesamur.  « L’histoire de la faïence namuroise commence avec la tentative avortée de Jean Bastin d’y installer des ateliers en 1672 » explique Dominique  Marcoux.  « La première réussite revient à Pierre-Philippe Decoux, issu d’une famille de maîtres-potiers. Il se fait remarquer par ses pièces luxueuses ». C’est cependant à Saint-Servais-Lez-Namur, entre 1773 et 1783, que le Lorrain Nicolas Claudel entame le premier chapitre de ce qui deviendra la véritable épopée de la céramique namuroise. « L’exceptionnel modeleur Jacques Richardot a fait un court passage à la manufacture de Saint-Servais, Il y a réalisé des pièces de grandes dimensions. Il était à l’apogée de son art ! ».

Outre ce « focus » sur la porcelaine namuroise, c’est aussi à la formidable aventure de la faïence dite « fine » que cette exposition est consacrée . Keramis, le Centre de la Céramique de la Fédération Wallonie Bruxelles propose donc un complément à l’exposition de Mariemont. A travers une sélection de pièces, on y montre dans quelle sphère concurrentielle se situe la production namuroise lorsque les frères Boch décident de produire industriellement de la faïence fine feldspathiquesucrier en porcelaine à La Louvière. «  D’autres manufactures comme Nimy ou Tournai sont confrontées à  cette industrialisation. La concurrence va être de plus en plus rude. Notamment pour la faïence fine » précise Dominique Marcoux.

Saint-Servais a également eu une abondante production de sujets (groupes ou figures religieuses) en porcelaine dure dont les attributions sont désormais consolidées. Enfin, les pâtes noires attribuées traditionnellement à Namur font l’objet d’une démonstration particulière en vue de leur requalification.

L’exposition est accompagnée d’une publication dont les textes sont tirés d’une vaste étude menée par Dominique Marcoux, spécialiste de l’histoire faïencière belge.

 

Infos
www.musee-mariemont.be

www.keramis.be

 

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Date de publication

Jeudi, 16 Novembre, 2017 - 17:02