La psychomotricité ou l’art de vivre en bonne santé

Lorsque l’on parle de psychomotricité, la première image qui nous vient à l’esprit, ce sont les cours dispensés en maternelle, à l’attention des plus petits. Et pourtant, sa spécificité est de toucher différents publics : de l’enfant à la population vieillissante, en passant par la personne handicapée. La Haute École provinciale de Hainaut-Condorcet propose, sur son implantation de Tournai, un bachelier en psychomotricité.    

En 2012, la Fédération Wallonie-Bruxelles accrédite la mise en place du bachelier en psychomotricité en Belgique francophone. Plusieurs hautes écoles proposent alors cette formation conforme aux exigences européennes en matière de certification. La FWB offre ainsi à la Belgique une formation paramédicale et un diplôme qui existe déjà depuis plusieurs décennies dans d’autres pays européen.

« Ce cursus est intégré dans le domaine des sciences de la motricité, au même titre que l’ergothérapie, la kinésithérapie, l’éducation physique, … , précise Michel Renard, coordinateur de la section à la HEPH Tournai. Les étudiants qui sortent de ce bachelier – 180 crédits d’enseignement – obtiennent le titre de psychomotricien ».

Une profession à part entière Une psychomotricienne aide un petit garçon sur un parcours de psychomotricité

Si la ministre fédérale de la santé refuse toujours d’associer ce bachelier aux disciplines paramédicales, diverses actions juridiques sont en cours et, la formation répondant aux normes européennes de formation paramédicale, tous les espoirs sont permis. « Historiquement, en Belgique, l’ouverture des formations a toujours précédé la reconnaissance du métier. Rien n’est ferme et définitif, les enjeux peuvent changer ». Il est important de souligner que le diplôme est, quant à lui, officiellement reconnu par la FWB.

« Dans l’attente d’une maturation et de la reconnaissance paramédicale, la psychomotricité existe donc bien en tant que telle. Elle est novatrice en ce sens qu’elle place la santé sur un autre point de vue que celui de la maladie, celui du lien somato-psychique. En clair, elle apporte une dimension oubliée dans les soins de santé : la dimension affective. Et l’on sait que l’affectif peut jouer sur la santé. La psychomotricité a toute sa place dans la recherche du bien-être physique, psychique et social de la personne, quels que soient son âge, sa condition sociale, physique et mentale ».       

Une femme tient les mains d'un enfant présentant un handicap mentalLes débouchés

  • Le diplôme de bachelier en psychomotricité fait partie des titres requis donnant accès aux postes de maître en psychomotricité pour l’enseignement maternel en FWB.
  • Sur le terrain régional, le détenteur de ce diplôme trouve de l’emploi répondant à sa spécificité dans les différentes institutions reconnues par l’AVIQ, l’agence régionale compétente en matière de santé et action sociale gérant les compétences de la santé, du bien-être, de l’accompagnement des personnes âgées, du handicap et de l’enfance ainsi que dans les services de santé mentale.
  • Le psychomotricien peut aussi développer une activité professionnelle en tant qu’indépendant. Certaines mutuelles accordent une intervention financière aux coûts des séances réalisées par les psychomotriciens.

Pour les diplômés, des passerelles vers d’autres filières de la catégorie paramédicale et vers différents masters dont celui en santé publique sont en cours d’analyse.  

« Par la bienveillance et une communication non violente, le psychomotricien devient informateur de mieux-être pour une société plus équitable et altruiste. En développant l’autonomisation du citoyen, l’enjeu pourrait être primordial pour une population vieillissante ».

Infos : https://www.condorcet.be/psychomotricite/psychomotricite.html

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Date de publication

Jeudi, 31 Mai, 2018 - 11:00