À la rencontre de la différence

Quoi de mieux qu’expérimenter pour comprendre ? Car il s’agit de cela, se mettre dans la peau et la situation de l’autre pour appréhender sa différence. C’est dans ce contexte que l’Institut Jean Jaurès de Charleroi, qui pratique l’intégration d’élèves en situation de handicap depuis longtemps, organise régulièrement des rencontres-découvertes pour ses jeunes valides et en situation de handicap.

La dernière en date a eu le le 20 février. Le hall d’entrée est transformé en piste de danse, la salle de sport en terrain de torball et les cours sont donnés en langue des signes. Et puis, on aperçoit Lucie, élève en intégration à l’IJJ, qui nous parle d’Ima, son chien aidant.

Les ingrédients de cette journée dédiée à la sensibilisation à l’inclusion et au handicap sont réunis. 

"C’est très important pour chacun de découvrir l’autre. Le handicap ne doit pas être une barrière. Nous organisons des activités pour sensibiliser chaque élève aux besoins spécifiques de l’autre, à ses différences aussi. Les élèves sont surpris de voir ce qui est mis en place. Ils ne restent pas indifférents à la situation de nos bénéficiaires, ils sont jeunes mais on peut déjà sentir l’engouement pour aider les personnes en difficulté", signale Ludovic Vienne, qui assure la coordination et l’intégration scolaire des élèves du Centre Arthur Régnier au sein de l’IJJ. Une de ses missions est de viser l’épanouissement du jeune porteur de handicap dans ses milieux de vie. Son atout ? La pratique du cyclo-danse, qui consiste à danser avec une personne en chaise roulante.

L'importance du lien social

"Danser avec quelqu’un en chaise roulante me faisait peur, mais c’était réellement un plaisir et surtout touchant de voir le bonheur de l’autre, on ne savait plus qui dansait avec qui. Je le referai à coup sûr", partage Quainan, élève de 1è année.

Dans la classe aménagée, l’ambiance est studieuse. Chaque élève est scotché aux lèvres de Lucie. Mais pas seulement. Les yeux sont rivés sur Ima. Le chien "travaille" au millimètre près pour accompagner Lucie dans ses gestes habituels. "Partager mon quotidien avec des élèves valides, c’est important. En effet, je suis dans un fauteuil automatisé et mon chien m’apporte beaucoup. Il permet un lien social : beaucoup de gens me parlent aussi grâce à lui. Les élèves sont très attentifs et se montrent intéressés. Sentir leur envie d’aider me réjouit", signale l’animatrice du jour, avec son fidèle compagnon.

"Par ces ateliers, les élèves peuvent se rendre compte que chacun peut s’épanouir malgré sa différence. Ces actions permettent aux plus jeunes de découvrir ce que vivent les élèves en intégration. Chaque partie reçoit de l’autre", livre Mathieu Laurent, actif au sein de l’Institut Jean Jaurès et accompagnateur en intégration à l'IMP provincial Centre Arthur Régnier de Lobbes.

Pour Chantal Dupont, du Centre Arthur Régnier, ce type de rencontres est une véritable inclusion : "nous travaillons beaucoup en amont. La cyclo-danse, par exemple, demande une débauche d’énergie. Rien n’est laissé au hasard, tout est répété afin de viser l’excellence. Les élèves qui partagent cette expérience ne sortent pas indifférents. Ce genre d’activités ouvre les esprits et fait disparaître de nombreux préjugés".

 Infos: www.etudierenhainaut.be/ijj

 

 

 

 

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Date de publication

Mercredi, 22 Avril, 2020 - 10:46