L’inventivité pour accompagner le handicap

D’ordinaire, l’outil de travail principal des services provinciaux d’aide précoce est… la proximité. Ces dernières semaines, les équipes de ces quatre services (Lobbes, Charleroi Mons et Tournai) ont du revoir leur méthode de travail. Voire se réinventer.

Accompagnant les familles et enfants de moins de huit ans en situation de handicap (dès la naissance, voire avant), ces agents sont kinés, logopèdes, ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues, assistants sociaux et agents administratifs, etc.

Ils outillent les proches afin de favoriser l’épanouissement de l’enfant, tout en coordonnant un réseau de partenaires – actuellement en stand-by forcé - autour de lui. "Cette situation confronte les parents à quelque chose de tout à fait inédit : devoir vivre à huis clos avec leur enfant",  précise Maud Alexandre, responsable du service de Charleroi, qui compte neuf membres. Par exemple, "toutes les rééducations réalisées normalement plusieurs fois par semaine avec les enfants (ndlr: par exemple avec des kinés extérieurs ou dans les hôpitaux) sont suspendues. Les parents sont, bien sûr, inquiets par rapport au possible impact que cela aura sur le développement de leur enfant. De plus, ils perdent aussi des interlocuteurs privilégiés du quotidien", constate-t-elle.

Adaptation et ingéniosité

Comme ses homologues provinciaux, le service de Charleroi doit donc pallier là où il le peut, avec souplesse et ingéniosité. Les interventions sont concrètes dans le respect des mesures sanitaires: envoi d’images avec les mouvements de base de kinésithérapie et exercices de stimulation, visioconférence quand c’est possible, dépôt de carnets d’activités adaptés, réalisés par le personnel éducatif, devant la porte, etc. 

L’équipe a fait preuve d’une grande adaptabilité. "Nous n’étions pas préparés et nous manquions de moyens matériels pour permettre un télétravail, dans les meilleures conditions qui soient. Mais, aujourd’hui, nous prenons doucement nos marques".

Et ce avec le travail à domicile, une permanence téléphonique de 8h30 à 16h00 du lundi au vendredi mais aussi, une nouvelle page Facebook, créée en quelques jours pour les quatre services, par le service communication de la DGAS. "Elle est alimentée, chaque jour, d’articles donnant des repères pour une gestion du quotidien, des "conseils" ou encore des idées d’activités", précise-t-elle. Les  familles sont invitées à réagir à ces articles, en reprenant contact avec leur intervenant de référence si elles le désirent".

Paradoxalement, ce confinement  aura apporté des éléments "positifs". "C’est parfois poussés dans nos retranchements et confrontés à des difficultés que nous nous réinventons le mieux…, remarque Maud Alexandre. Les familles sont amenées à se recentrer sur elles-mêmes et à trouver des ressources qu’elles ignoraient avoir. Il est primordial de les soutenir dans leurs compétences parentales… compétences qu’elles possèdent déjà".

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Date de publication

Mercredi, 15 Avril, 2020 - 09:29