Lutte blanche au Roseau vert

Roseline Dupont est comptable à l’IMP provincial "Le Roseau vert" à Marchipont. Elle est aussi responsable du personnel ouvrier ainsi que des techniciennes de surface et comme tout le monde, elle a vécu l’arrivée du covid-19 à l’IMP comme un choc.

"Ça nous est tombé dessus. Les premiers jours ont été pénibles. Heureusement, l’aide est rapidement arrivée de notre hiérarchie et il faut le souligner. On a pu s’organiser très vite".

Grâce à la Direction générale de l’Action sociale et au Collège provincial, des tenues de protection récoltées auprès d’autres services provinciaux ainsi que des produits d’entretien spécifiques sont livrés. Car la lutte contre la maladie se fait aussi à coups de nettoyage incessant, de désinfection à répétitions, d’efforts physiques conséquents dans une combinaison inhabituelle ou encore, de visages calfeutrés sous un masque FFP2 entravant une respiration "ordinaire".

Composée ordinairement de dix personnes, l’équipe des techniciennes de surface est passée à quatre travailleuses, en parallèle d’une augmentation de la charge de travail. "Comme le produit désinfectant n’est efficace que pendant une heure, il faut changer les eaux sans arrêt, faire des aller

Le personnel d'entretien de l'IMP Le Roseau vert à Marchipont, en tenue de protection

-retour entre l

es pièces, désinfecter les poignées de porte et tout le reste, et ensuite, tout recommencer", té

moigne Alysson Lambert, technicienne de surface au sein de cet IMP de 1000m² à passer à la loupe.

Solidarité et adaptation

"Dans les premiers jours, mes collègues étaient épuisées, explique Roseline Dumont. Il a fallu rapidement trouver une solution". Faisant preuve de flexibilité, trois membres du personnel ouvrier ont répondu présents et ont changé de métier ! Les équipes tournent en binôme, deux jours par semaine chacun, 8h par jour. "On doit aussi gérer les draps ou les vêtements infectés car aucun lavoir extérieur ne veut les prendre, ajoute Alysson Lambert. Chaque jour, on se rend au moins 10 fois à la buanderie pour le lavage haute température avec du désinfectant. On sèche, on replie, on range, …. En plus du nettoyage, de 2 à 4 salles de bains, de 5 grandes pièces, d’une dizaine de chambres, des espaces sanitaires du personnel ", décompte-t-elle. Mais ça va. On garde le sourire car on se répartit le boulot, avec les éducateurs et le personnel administratif aussi. On est solidaires et on se dit aussi qu’on chouchoute les résidents, ça nous aide".

Sans compter les précieux soutiens venant de l’extérieur, comme cette équipe de sept ouvriers d’un tout autre service, Hainaut Gestion Patrimoine, venus effectuer un nettoyage complet de toute une aile intégralement désinfectée, un soir à 18h. "Chapeau bas ! s’exclame Roseline Dupont. Ce genre d’aide évite l’épuisement. Nous les remercions vraiment pour ça ". Roseline Dupont est fière de ses collègues car elle sait que venir travailler fait peur. "Et pourtant, elles sont là !" Quand à savoir ce qui les motive à tenir malgré l’épuisement ou la peur du virus, elle avance une hypothèse : "ce n’est pas qu'un travail. C’est notre vie. On est une famille et nos résidents font aussi partie de notre famille" et, après une courte pause, "on ne lâche pas sa famille".  Et de conclure: "tous les soirs, on applaudit les éducateurs ou les infirmiers. Je remarque aussi que si le personnel d’entretien et de nettoyage n’était pas là pour lutter contre la transmission de la maladie, rien ne serait possible. Il ne faut pas oublier cela". 

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Date de publication

Jeudi, 2 Avril, 2020 - 09:55