Quelle est notre espérance de vie ?

C'est l'une des données cruciales que l'on trouve dans le Tableau de bord de la Santé en Hainaut.

image_18.pngL'outil qui célèbre son 25ème anniversaire reste plus que jamais indispensable pour lutter contre les inégalités sociales de santé.

L’Observatoire de la Santé du Hainaut vient de publier son Tableau de bord de la Santé du Hainaut 2022. Celui-ci dresse un portrait de l’état de santé de la population hainuyère. Il est réalisé en collaboration avec les Provinces de Liège, Luxembourg et Namur qui publient également ce même ouvrage pour leur territoire.

Une mortalité plus élevée

La province du Hainaut continue de présenter une situation socio-sanitaire moins favorable que les territoires voisins.

Le lien entre les indicateurs socio-économiques et la santé est toujours d’actualité et doit nous inciter à accorder une priorité à la réduction des inégalités sociales de santé.

Si l’espérance de vie augmente en général, l’écart entre le Hainaut et la Belgique a tendance à s’accroître pour atteindre, en 2015-2019, près de 2 ans pour les femmes et plus de 3 ans pour les hommes en défaveur du Hainaut. On constate également que plus le revenu médian d’une commune est élevé, plus l’espérance de vie de sa population est élevée. Les inégalités socio-économiques conduisent, entre autres, à une mortalité plus élevée dans le Hainaut. Si la mortalité en Hainaut était abaissée au niveau belge, 2 510 décès seraient évités chaque année.

Associé à une baisse des naissances, l’accroissement de l’espérance de vie conduit au vieillissement de la population. En 2021, on compte 83 personnes de 65 ans et plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans. Les perspectives prévoient 135 personnes âgées pour 100 jeunes aux alentours de 2071.

En ce qui concerne les décès, les maladies de l’appareil circulatoire en sont la première cause en 2014-2018 (26,8 %), suivies des tumeurs (24,5 %) et des maladies de l’appareil respiratoire (11,2 %).

Des maladies chroniques influencées par le niveau d’études

Les maladies chroniques influent lourdement sur la santé de nos citoyens. Quel que soit le territoire (Belgique, Wallonie ou Hainaut), un tiers des personnes interrogées déclare souffrir d’au moins une affection chronique de longue durée. Cependant, cette proportion monte à 45 % chez les Belges ayant un niveau d’études primaire ou pas de diplôme. En Hainaut, pour les hommes, l’hypercholestérolémie arrive en tête des maladies chroniques tandis que pour les femmes, il s’agit de l’arthrose.

De 2009 à 2019, la proportion de personnes traitées pour diabète a augmenté de près de 30 % en Hainaut. La Wallonie et le Hainaut connaissent une prévalence de personnes traitées pour diabète plus élevée que la moyenne belge.

Trop peu de fruits et légumes et d’activité physique

Les déterminants principaux de ces maladies chroniques sont nos trois thématiques prioritaires « Manger, Bouger, Respirer » dont les données sociosanitaires montrent une situation moins favorable en Hainaut.

En Hainaut, près de deux tiers des hommes (66,1 %) et plus de la moitié des femmes (51,2 %) sont en surpoids ou obèses. C’est nettement plus qu’au niveau belge. Près d’un tiers des hommes (30,4 %) et la moitié des femmes (49,8 %) courent un risque pour la santé par manque d’activité physique de loisir. C’est beaucoup plus qu’en Belgique. La proportion de personnes sédentaires pendant leurs loisirs dépend aussi du niveau d’instruction : les personnes moins instruites sont plus nombreuses à ne pas pratiquer d’activités physiques de loisir.

Du côté de l’alimentation, trop peu de Hainuyers consomment des fruits et légumes en suffisance. Seuls 7,2 % des hommes et 11,6 % des femmes satisfont aux recommandations. C’est surtout la consommation de fruits qui est déficitaire.

Au-delà de ces constats alarmants, certains indicateurs montrent une évolution positive comme la diminution du tabagisme surtout masculin. De 1997 à 2018, la proportion de fumeurs quotidiens a diminué en Wallonie. Malheureusement, cette diminution est inégalement répartie en fonction des revenus. Chez les 20 % de population aux revenus les plus bas on ne constate aucune évolution, tandis que chez les 20 % aux revenus les plus élevés la baisse du tabagisme dépasse 40 %. En Hainaut, un homme sur 4 ainsi qu’une femme sur 7 se déclarent fumeurs quotidiens. C’est davantage qu’en Belgique.

Pas assez de médecins généralistes

Par rapport à sa population, le Hainaut compte moins de médecins généralistes que la Wallonie (un médecin généraliste pour 1 058 habitants en Hainaut contre un pour 992 habitants en Wallonie). Les médecins généralistes en Hainaut sont en moyenne plus âgés qu’en Wallonie. En Hainaut, plus de la moitié des médecins généralistes sont âgés de 55 ans ou plus.

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Une surmortalité due à la COVID-19

En 2020, deux principales vagues de surmortalité sont liées à la COVID-19 tandis qu’une petite vague au mois d’août est liée à une période de canicule. Globalement, en comparaison avec la moyenne observée lors des 5 années précédentes (entre 2015 et 2019), la surmortalité s’élève à +17,6 % en 2020 et +2,5 % en 2021. La courbe du Hainaut suit approximativement celle de la Wallonie.

Les conditions de vie, les cadres de vie et les modes de vie des personnes ont une influence capitale sur leur état de santé et sont largement déterminés par le contexte dans lequel les personnes naissent, grandissent et vivent. Devant de telles inégalités sociales de santé, renforcées par la crise sanitaire de la COVID-19, et compte tenu d’indicateurs socio-économiques moins favorables en Hainaut, il est indispensable de consacrer davantage de ressources vers ces populations au moyen d’actions renforcées à tous les niveaux, de la commune à l’Europe. C’est le choix fait par la Province de Ha

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Date de publication

Jeudi, 10 Novembre, 2022 - 10:10