Volontariat crise sanitaire

La loi belge relative au volontariat a été modifiée pour régulariser temporairement l’intervention des bénévoles au sein de l’ensemble des maisons de repos. 

Bravo à Françoise Mahieu, professeur en promotion sociale dans la section "Aide-soignant/Aide familial" à l’IPAM de La Louvière. Elle est bénévole en ce moment dans une maison de repos. Une expérience de travail particulière dans le contexte du confinement particulier qui a été imposé aux maisons de repos. Elle en partagera les leçons avec ses étudiants. L’engagement citoyen est le premier jalon du monde d’après, témoignent justement des membres de Covid-Solidarity dans une carte blanche parue dans le journal Le Soir ce 8 mai.

Voici le témoignage de Françoise Mahieu :

"La première chose, peut-être, sur la mise en avant des professionnels de la santé :

Les métiers d’aide-soignante et aide-familiale  ne sont pas valorisés, mais dans ce contexte particulier, tout le monde a pu se rendre compte à quel point ils et elles sont utiles à notre société et cela en est peut-être l’aspect positif.  Je me suis rendue compte, au fil des années, que certains étudiants souffraient parfois de la vision négative que certaines personnes ont sur leur futur métier.

En début d’année, je leur dis toujours que ce métier est difficile physiquement, moralement et qu’il demande du courage mais qu’il apporte beaucoup, car on se sent utile et cette crise va (malheureusement) confirmer mes dires.

S’il y a bien quelque chose que j’ai éprouvé durant ce volontariat, c’est le sentiment d’être utile pour le personnel en place et pour les résidents. J’ai entendu tellement de : « MERCI de nous aider ».

Ensuite durant mon volontariat, j’ai souvent pensé au cours d’hygiène que je dispense aux étudiants : « comme ce cours est important ! »

On ne rappellera jamais assez l’importance de l’hygiène et de ses bonnes pratiques. Cette crise sanitaire nous a conduits à réfléchir aux conditions de vie et de travail de l’homme au quotidien.

Malgré toutes les avancées dans le domaine médical, l’hygiène reste, et ce depuis toujours, une arme simple et efficace pour prévenir la santé,  la prévention en est un moyen de lutte.

Je terminerais en parlant de l’importance de la relation « soignant-soigné ».

En maison de repos, les résidents sont confinés dans l’institution mais aussi dans leurs chambres. Ils n’ont plus de contact avec l’extérieur, ni avec les autres résidents (ou très peu et avec un masque). Comme seule fenêtre vers le monde extérieur : « la télévision » avec ses infos pas très rassurantes , « imaginez la détresse de certains ».

Les seules personnes avec lesquels ils peuvent parler et échanger : ce sont les soignants. Là aussi leur rôle prend toute son importance.

Comme : « Prendre 5 minutes en plus pour repasser dans la chambre de Mme X car elle pleurait ce matin… » « Penser à installer M Y devant la fenêtre à 10h car sa sœur va venir lui faire signe devant le portail… » « Prendre le temps de répondre aux questions de Z qui ne comprend pas trop ce que l’on dit au journal télévisé  » ou encore un petit geste  …« Apporter des petits gâteaux à Mm Z qui n’a plus de famille et qui a perdu l’appétit »…

Durant cette semaine de volontariat, j’ai croisé des personnes dévouées à leur métier, qui malgré des conditions difficiles (le matériel de protection qui tarde à arriver, le personnel réduit car beaucoup de personnes malades, etc.)  répondaient présents, travaillaient avec cœur et étaient fières d’être des soignants."

 Françoise Mahieu

Infos : Formations enseignement secondaire en promotion sociale:  Aide-soignant  > Aide familial  > AS : Actualisation en vue de l' exécution des nouvelles activités infirmières déléguées > FC assistant logistique en unités en soins    

Institut provincial des Arts et Métiers du Centre promotion sociale: http://www.jetudie.be/ipam

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Date de publication

Vendredi, 8 Mai, 2020 - 15:33